Marrakech accueille les scientifiques de la démographie
Des centaines de démographes, des sociologues, des anthropologues, des économistes, des urbanistes et autres scientifiques et décideurs de tout bord se sont retrouvés avant-hier dans la ville ocre à l\'occasion du 26e Congrès international de la population.
Cette messe est organisée pour la première fois dans un pays arabe et africain par l\'Union internationale pour l\'étude scientifique de la population (UIESP). Cette manifestation qui se poursuit à Marrakech jusqu\'au 2 octobre est organisée sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI. A cette occasion, le Souverain a adressé une lettre royale aux participants venus de 114 pays à Marrakech pour prendre part à cet évènement qui se tient tous les quatre ans. La séance d\'ouverture, qui a été une grande réussite selon les organisateurs, a débuté par une allocution du président du comité international de l\'organisation de ce grand évènement, qui n\'est autre que le Haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi. Il a mis le point, en s\'adressant aux participants, sur les traditions en matière de population qui caractérisent le Maroc. « Notre pays est d\'autant plus honoré qu\'il tire une longue expérience de la parfaite maîtrise de ses structures sociales, économiques et humaines », a-t-il relevé. Intervenant à son tour, le président de l\'UIESP, John Cleland, qui a loué le contenu de la lettre royale a mis l\'accent sur la diversité des participants. Il a qualifié de « festin intellectuel » les plus de 900 communications, les centaines d\'exposés et les séances de formation qui vont rythmer le 26e congrès international de la population. Il a relevé le fait que depuis le dernier congrès tenu à Tours en France en 2005, il y a eu une grande prise de conscience relative à l\'interconnexion entre les populations du monde.
Il a évoqué la crise financière internationale qui prévaut dans le monde. Il a affirmé qu\'il est de plus en plus certain que la non- maîtrise de l\'accroissement démographique constitue une menace sur le monde. Il a estimé que le phénomène de l\'accroissement de la population est plus remarquable en Afrique, un continent qui, selon lui, a besoin d\'investissements pour soutenir sa croissance.
La directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Thoraya Ahmed Obaid, s\'est adressée aux participants au congrès pour mettre l\'accent sur les progrès enregistrés dans des domaines comme la lutte contre le sida et l\'éducation des filles qui vont de plus en plus à l\'école et de moins en moins aux champs. « Face aux défis démographiques, il faut des réponses politiques », a-t-elle dit. Elle a aussi relevé l\'augmentation du taux de la fécondité dans les pays du tiers-monde et dans certains pays européens, en dépit des efforts déployés pour le réduire.
Selon elle, plus de 200 millions de femmes dans le monde ont des besoins non satisfaits en matière de planification. Rima Khalaf Hunaidi, ancienne sous-secrétaire générale et directrice du bureau régional pour les Etats arabes au PNUD et ancienne vice-Premier ministre de la Jordanie, qui a axé son intervention lors de la séance d\'ouverture sur la situation des populations arabes a, pour sa part, traité des indices de développement dans ces pays. «Malgré quelques initiatives positives pour améliorer la situation des pays arabes, comme c\'est le cas au Maroc qui a adopté un nouveau statut de la famille, les femmes souffrent encore, dans la région des pays arabes, des inégalités dans les droits politiques et le droit à la participation dans la vie économique… », a-t-elle relevé en parlant de la situation des femmes. Par ailleurs, un programme très chargé est prévu durant toute cette semaine pour permettre aux participants de se pencher sur les problématiques qui menacent la population dans le monde. Des questions importantes sont à l\'ordre du jour.
Il s\'agit, entre autres, des conséquences de la crise financière et économique, du changement climatique ou encore des mouvements de population et du vieillissement.
LeMatin.ma